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L'autoroute normalisée Posté le 18/01/2014 - Par Salim Kebbab

 

L'ESSOR DES RÉSEAUX ROUTIERS ALGÉRIENS EN ATTENDANT LES VOIES À GRANDE CIRCULATION DU SUD
L'autoroute normalisée

Le réseau routier algérien est en plein essor et l'Algérie est en train de rattraper le retard accumulé durant plus de cinquante ans dans ce domaine. Même si l'état actuel de nos routes est lamentable et éclipse cette avancée, il faut admettre que plusieurs grands projets routiers sont désormais entrepris.

De nouvelles infrastructures routières ont été réalisées ces dernières années, à travers plusieurs régions du pays, dès lors que le réseau routier, qui remonte dans sa majeure partie à l'époque coloniale, ne répondait plus aux besoins du parc automobile puisque ce dernier ne cessait de croître.

Conséquence de cet accroissement, nos routes sont devenues non conformes aux normes internationales de la circulation et de la sécurité routière.

Par ailleurs, l'actuel développement du réseau autoroutier se fait selon un tracé exclusivement horizontal (dans le sens est-ouest) étant donné que le projet de la deuxième autoroute, qui traversera les Hauts-Plateaux sera lui aussi à son tour horizontal et donc parallèle au premier tracé déjà opérationnel.

De ce fait, il est incohérent que la direction verticale (dans le sens nord-sud) ne soit pas priorisée, et même si des responsables affirment l'existence d'un tel programme, l'évidence permet d'affirmer que ce cap, du reste stratégique, permettra l'émergence des autoroutes du… Sud.

Outre cela, l'agencement du réseau routier à travers l'ensemble du territoire national semble être disproportionné, puisqu'il est très développé tout près de la bande côtière avec de multiples «anastomoses» entre l'Est, le Centre et l'Ouest mais néanmoins il l'est beaucoup moins du côté méridional.

En somme, cette disposition est en quelque sorte logique car elle dépend de la différence de densité démographique entre les régions du pays (Nord, Hauts-Plateaux, Sud et Grand-Sud) mais il aurait été prévoyant, dans un but de développement durable et à long terme, qu'il y ait un déploiement des axes verticaux puisque la disposition des régions et de la population est superposable en ampleur et cette dernière va crescendo de l'extrême sud à l'extrême nord surtout que de tout temps l'immigration et les grands déplacements (même ceux du règne animal) se font toujours entre les régions sud et nord et vice versa.

Route de Bou Saâda : du Clandestin à l'immense infrastructure «sacrée»
Pour élucider cela et à titre d'exemple, la célèbre route n° 8 qui, depuis les années 40, relie Alger à Bou Saâda (porte du Sud) à partir de l'ex-Moutonnière via Tablat, Sidi Aïssa et Aïn Lahdjel est, soixante dix ans après sa mise en service, toujours l'unique voie qui rattache la capitale aux villes du Sud-Est, telles que Biskra, El Oued et Touggourt, même si l'autoroute Alger-Bouira est aujourd'hui une alternative qui permet à la fois de contourner les sinuosités et les effrayantes déclivités de Tablat en ralliant directement Sour El Ghozlane, de diminuer en partie les affres du voyage et de gagner un peu de temps.

Ainsi, si auparavant, seule une centaine de véhicules empruntait cette route, aujourd'hui c'est peut-être plus de dix mille qui la traversent quotidiennement.

Mieux encore, en l'absence d'une voie ferrée, cet inévitable couloir est emprunté dans sa majorité par des autobus et des poids lourds (camions et semi-remorques) transportant le personnel et les marchandises vers le poumon de l'Algérie, à savoir les régions pétrolifères de Hassi Messaoud et de In Amenas.

A se demander si la connexion entre Alger et Ouargla (qui est au demeurant la grande cité des hydrocarbures et du Sud), via les Zibans et le Souf (devenues de leur côté pôles agricoles), ne mérite-t-elle pas une autoroute ?

Par ailleurs, pour rester dans la même direction, il est inconcevable, qu'en 2013, le trajet Bou Saâda-Alger, dont le tronçon ne dépasse guère 250 km prenne plus de cinq heures de temps, ce qui s'assimile à une véritable expédition nous rappelant ainsi le célèbre film comique algérien Le Clandestin (Taxi El Makhfi) tourné sur le même axe qui relate les péripéties d'infortunés voyageurs.

Toutefois, pour le reste des axes, le piètre état de nos routes, bosselées, rapiécées et marquées par les innombrables crevasses et nids de poule, relève de l'éternel problème de l’entretien, de réparation des dommages et du revêtement des routes, auquel l'Etat doit porter un intérêt particulier et encore une fois doit casser la tirelire pour y faire face, du moins afin de garantir le droit à un service public, surtout que le citoyen s'acquitte de son devoir en payant toutes sortes de taxes (vignette, achat du véhicule, contrôle technique). 

Une bonne cause
L'investissement dans la réalisation de ces infrastructures et dans leur entretien est en somme pour une bonne cause, contrairement à d'autres domaines où l'investissement stérile et de prestige engloutit des milliers de tonnes de rond à béton et de ciment mais qui malheureusement n'apportera rien aux générations futures alors que ce type de projet, bien que nécessaire, pouvait être recalé pour un second temps ou plus exactement lorsque les infrastructures de nécessité (hôpitaux et logements entre autres) seront comblées, ceci sans oublier que depuis la mise en service des premières autoroutes en Europe puis aux Etats-Unis à la fin des années 30, elles ont constitué, à l'instar du chemin de fer, un facteur de développement économique, industriel et social pour plusieurs nations.

Concernant l'état actuel des lieux et des routes, il a fallu donc attendre jusqu'à 2007 pour voir la mise en service de la première vraie autoroute : l'autoroute Est-Ouest.

Auparavant, plus exactement au milieu des années 1980, des voies express qu'on appelait à l'époque «autoroutes» ont vu le jour tout autour d'Alger ; il s'agit notamment de la voie parallèle à l'ex-moutonnière jusqu'à l'aéroport, de l'autoroute de Blida, de la rocade Ben Aknoun-Dar El Beïda et de son extension en voie express jusqu'à Tizi Ouzou et Lakhdaria, et par la suite celle de Ben Aknoun-Zéralda qui s'est allongée dernièrement jusqu'à Cherchell.

Cependant, en dehors de la capitale, d'autres voies ont été réalisées notamment à Oran, Tlemcen et Constantine, et il faut bien noter qu'en 2012, la longueur totale du réseau autoroutier algérien était de 1500 km tandis que l'objectif était de 1800 km, ce retard est peut-être dû au tronçon reliant Constantine à Annaba qui tarde à voir le jour.

Les Japonais, pourtant très pointilleux en matière de technologie, d'objectifs et du respect des délais, faussent le calcul des Algériens, alors que des entreprises locales, souvent sous-estimées, réalisent des prouesses techniques et de technicité dans la réalisation de certains projets nationaux.

Salim Kebbab

L'ESSOR DES RÉSEAUX ROUTIERS ALGÉRIENS EN ATTENDANT LES VOIES À GRANDE CIRCULATION DU SUD
L'autoroute normalisée

Le réseau routier algérien est en plein essor et l'Algérie est en train de rattraper le retard accumulé durant plus de cinquante ans dans ce domaine. Même si l'état actuel de nos routes est lamentable et éclipse cette avancée, il faut admettre que plusieurs grands projets routiers sont désormais entrepris.

De nouvelles infrastructures routières ont été réalisées ces dernières années, à travers plusieurs régions du pays, dès lors que le réseau routier, qui remonte dans sa majeure partie à l'époque coloniale, ne répondait plus aux besoins du parc automobile puisque ce dernier ne cessait de croître.

Conséquence de cet accroissement, nos routes sont devenues non conformes aux normes internationales de la circulation et de la sécurité routière.

Par ailleurs, l'actuel développement du réseau autoroutier se fait selon un tracé exclusivement horizontal (dans le sens est-ouest) étant donné que le projet de la deuxième autoroute, qui traversera les Hauts-Plateaux sera lui aussi à son tour horizontal et donc parallèle au premier tracé déjà opérationnel.

De ce fait, il est incohérent que la direction verticale (dans le sens nord-sud) ne soit pas priorisée, et même si des responsables affirment l'existence d'un tel programme, l'évidence permet d'affirmer que ce cap, du reste stratégique, permettra l'émergence des autoroutes du… Sud.

Outre cela, l'agencement du réseau routier à travers l'ensemble du territoire national semble être disproportionné, puisqu'il est très développé tout près de la bande côtière avec de multiples «anastomoses» entre l'Est, le Centre et l'Ouest mais néanmoins il l'est beaucoup moins du côté méridional.

En somme, cette disposition est en quelque sorte logique car elle dépend de la différence de densité démographique entre les régions du pays (Nord, Hauts-Plateaux, Sud et Grand-Sud) mais il aurait été prévoyant, dans un but de développement durable et à long terme, qu'il y ait un déploiement des axes verticaux puisque la disposition des régions et de la population est superposable en ampleur et cette dernière va crescendo de l'extrême sud à l'extrême nord surtout que de tout temps l'immigration et les grands déplacements (même ceux du règne animal) se font toujours entre les régions sud et nord et vice versa.

Route de Bou Saâda : du Clandestin à l'immense infrastructure «sacrée»
Pour élucider cela et à titre d'exemple, la célèbre route n° 8 qui, depuis les années 40, relie Alger à Bou Saâda (porte du Sud) à partir de l'ex-Moutonnière via Tablat, Sidi Aïssa et Aïn Lahdjel est, soixante dix ans après sa mise en service, toujours l'unique voie qui rattache la capitale aux villes du Sud-Est, telles que Biskra, El Oued et Touggourt, même si l'autoroute Alger-Bouira est aujourd'hui une alternative qui permet à la fois de contourner les sinuosités et les effrayantes déclivités de Tablat en ralliant directement Sour El Ghozlane, de diminuer en partie les affres du voyage et de gagner un peu de temps.

Ainsi, si auparavant, seule une centaine de véhicules empruntait cette route, aujourd'hui c'est peut-être plus de dix mille qui la traversent quotidiennement.

Mieux encore, en l'absence d'une voie ferrée, cet inévitable couloir est emprunté dans sa majorité par des autobus et des poids lourds (camions et semi-remorques) transportant le personnel et les marchandises vers le poumon de l'Algérie, à savoir les régions pétrolifères de Hassi Messaoud et de In Amenas.

A se demander si la connexion entre Alger et Ouargla (qui est au demeurant la grande cité des hydrocarbures et du Sud), via les Zibans et le Souf (devenues de leur côté pôles agricoles), ne mérite-t-elle pas une autoroute ?

Par ailleurs, pour rester dans la même direction, il est inconcevable, qu'en 2013, le trajet Bou Saâda-Alger, dont le tronçon ne dépasse guère 250 km prenne plus de cinq heures de temps, ce qui s'assimile à une véritable expédition nous rappelant ainsi le célèbre film comique algérien Le Clandestin (Taxi El Makhfi) tourné sur le même axe qui relate les péripéties d'infortunés voyageurs.

Toutefois, pour le reste des axes, le piètre état de nos routes, bosselées, rapiécées et marquées par les innombrables crevasses et nids de poule, relève de l'éternel problème de l’entretien, de réparation des dommages et du revêtement des routes, auquel l'Etat doit porter un intérêt particulier et encore une fois doit casser la tirelire pour y faire face, du moins afin de garantir le droit à un service public, surtout que le citoyen s'acquitte de son devoir en payant toutes sortes de taxes (vignette, achat du véhicule, contrôle technique). 

Une bonne cause
L'investissement dans la réalisation de ces infrastructures et dans leur entretien est en somme pour une bonne cause, contrairement à d'autres domaines où l'investissement stérile et de prestige engloutit des milliers de tonnes de rond à béton et de ciment mais qui malheureusement n'apportera rien aux générations futures alors que ce type de projet, bien que nécessaire, pouvait être recalé pour un second temps ou plus exactement lorsque les infrastructures de nécessité (hôpitaux et logements entre autres) seront comblées, ceci sans oublier que depuis la mise en service des premières autoroutes en Europe puis aux Etats-Unis à la fin des années 30, elles ont constitué, à l'instar du chemin de fer, un facteur de développement économique, industriel et social pour plusieurs nations.

Concernant l'état actuel des lieux et des routes, il a fallu donc attendre jusqu'à 2007 pour voir la mise en service de la première vraie autoroute : l'autoroute Est-Ouest.

Auparavant, plus exactement au milieu des années 1980, des voies express qu'on appelait à l'époque «autoroutes» ont vu le jour tout autour d'Alger ; il s'agit notamment de la voie parallèle à l'ex-moutonnière jusqu'à l'aéroport, de l'autoroute de Blida, de la rocade Ben Aknoun-Dar El Beïda et de son extension en voie express jusqu'à Tizi Ouzou et Lakhdaria, et par la suite celle de Ben Aknoun-Zéralda qui s'est allongée dernièrement jusqu'à Cherchell.

Cependant, en dehors de la capitale, d'autres voies ont été réalisées notamment à Oran, Tlemcen et Constantine, et il faut bien noter qu'en 2012, la longueur totale du réseau autoroutier algérien était de 1500 km tandis que l'objectif était de 1800 km, ce retard est peut-être dû au tronçon reliant Constantine à Annaba qui tarde à voir le jour.

Les Japonais, pourtant très pointilleux en matière de technologie, d'objectifs et du respect des délais, faussent le calcul des Algériens, alors que des entreprises locales, souvent sous-estimées, réalisent des prouesses techniques et de technicité dans la réalisation de certains projets nationaux.

Salim Kebbab

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